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Être vraiment soi-même : ce que votre système nerveux a à dire

Dernière mise à jour : il y a 4 jours

« Qui suis-je vraiment ?» — cette question semble appartenir au domaine de la philosophie. Pourtant, elle a une réponse corporelle. Cet article explore pourquoi les masques et les façades sont des stratégies de survie du système nerveux — et comment l’authenticité émerge quand le corps se sent enfin en sécurité.


Vous avez peut-être déjà eu cette sensation de jouer un rôle, dire ce qu’on attend de vous, sourire quand vous avez envie de pleurer, pas par hypocrisie, par survie.


Les masques que nous portons ne sont pas des mensonges. Ce sont des réponses intelligentes d’un système nerveux qui a appris, souvent très tôt, que montrer qui l’on est vraiment pouvait être dangereux.


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Les masques comme stratégies de survie du système nerveux

Bessel van der Kolk a montré comment les expériences précoces façonnent notre façon de nous présenter au monde. Quand montrer ses émotions a entraîné une punition, un rejet ou une indifférence, le système nerveux apprend à les cacher. Quand être soi-même a coûté de l’amour ou de la sécurité, le système nerveux apprend à se déguiser.


Ces masques ne sont pas conscients — ils sont corporels. Une posture qui s’efface, une voix qui se fait plus petite, un sourire automatique. Ce sont des habitudes corporelles gravées bien avant que la pensée consciente puisse les questionner.


Pat Ogden a montré que ces habitudes corporelles ne sont pas neutres — elles renforcent et perpétuent les états intérieurs qu’elles sont censées cacher. Plus on joue un rôle, plus on s’éloigne du contact avec soi-même.


C’est précisément ce que nous travaillons en EMDR — identifier ces habitudes corporelles automatiques, remonter à leur origine, et créer de nouvelles réponses plus libres.

Est-ce que vous reconnaissez des moments où votre corps adopte une posture ou une expression qui ne correspond pas à ce que vous ressentez vraiment ?


Les « je devrais » et le système nerveux

« Je devrais être plus patient. », « Je devrais être plus fort. », « Je ne devrais pas ressentir ça. » Ces pensées semblent venir de la tête — mais elles ont un effet immédiat sur le corps. Chaque « je devrais » qui contredit ce que l’on ressent réellement crée une tension dans le système nerveux.


Dan Siegel appelle cet état un manque d’intégration — quand les différentes parties de soi ne peuvent pas fonctionner en harmonie parce que certaines sont systématiquement niées.


Le corps garde la trace de toutes ces contradictions — sous forme de tensions chroniques, de fatigue inexpliquée, d’un sentiment diffus de ne pas être à sa place.


J’ai accompagné une personne qui répétait en permanence « je devrais être plus fort » — et qui ne comprenait pas pourquoi elle se sentait si épuisée. En travaillant sur ce « je devrais » dans le corps — la tension dans la gorge, la respiration retenue, les épaules qui se contractent — elle a commencé à percevoir le coût physique de cette injonction. Et peu à peu, à s’autoriser à ressentir ce qu’elle ressentait vraiment.


Le désir de plaire : neuroception et danger social

Beaucoup de personnes ont passé leur vie à essayer de plaire aux autres. Ce n’est pas de la faiblesse, c’est souvent une réponse très intelligente du système nerveux à un environnement où décevoir était dangereux.


Stephen Porges appelle ce mécanisme la neuroception — cette évaluation inconsciente et permanente de l’environnement social. Pour certaines personnes, le regard désapprobateur d’un autre déclenche la même réponse d’alerte qu’une menace physique. On adapte sa façon d’être en permanence au regard de l’autre. Et peu à peu, on perd le contact avec ce qu’on ressent vraiment.

Y a-t-il des personnes ou des contextes dans lesquels vous vous sentez moins vous-même — et que fait votre corps dans ces moments-là ?


Le chemin vers l’authenticité : par le corps

Être vraiment soi-même ne se décide pas dans la tête. L’authenticité émerge lorsque le système nerveux se sent suffisamment en sécurité pour ne plus avoir besoin de se déguiser.


Peter Levine a montré que cette sécurité se construit par des expériences corporelles répétées — des moments où l’on s’est montré tel qu’on est, et où rien de catastrophique ne s’est produit. Progressivement, le système nerveux enregistre que l’authenticité n’est pas dangereuse. Les masques peuvent commencer à se déposer.


C’est ce que nous travaillons en thérapie psychocorporelle — identifier les habitudes corporelles qui cachent le soi authentique, et créer progressivement des expériences de sécurité dans lesquelles il peut s’exprimer.

Est-ce qu’il y a des espaces dans votre vie où vous vous sentez libre d’être vraiment vous-même — et qu’est-ce qui rend ces espaces possibles ?


Être vraiment soi-même : un état de régulation, pas une performance

L’authenticité n’est pas une destination à atteindre. C’est un état — l’état dans lequel se trouve le système nerveux quand il est régulé, ancré dans le circuit ventral vagal, en sécurité.


Dan Siegel décrit cet état comme l’intégration — quand toutes les parties de soi peuvent fonctionner ensemble. Quand les émotions peuvent être ressenties sans être submersives. Quand les besoins peuvent être exprimés sans déclencher une alerte.


Ce n’est pas un état permanent, c’est un processus dynamique. Ce qui change avec le travail thérapeutique, c’est la capacité à y revenir de plus en plus rapidement, de plus en plus souvent.


Être vraiment soi-même ne commence pas par une décision. Ça commence par un moment — un moment où vous vous permettez de ressentir ce que vous ressentez vraiment, sans le corriger, sans le justifier, sans le cacher.


Ce moment-là, le système nerveux s’en souvient. Et il apprend, peu à peu, que c’est possible.


Pour aller plus loin, quelques questions à vous poser :

  • Y a-t-il des parts de vous que vous n’osez montrer à personne — et savez-vous depuis quand vous les cachez ?

  • Quand vous jouez un rôle, qu’est-ce que votre corps fait — et comment vous sentez-vous après ?

  • Y a-t-il des moments dans votre vie où vous vous sentez pleinement vous-même — et qu’est-ce qui les rend possibles ?


Références

Van der Kolk, B. (2014). Le corps n’oublie rien. Albin Michel.

Porges, S. (2011). The Polyvagal Theory. W. W. Norton & Company.

Siegel, D. (2010). Mindsight. Bantam Books.

Ogden, P. (2006). Trauma and the Body. W. W. Norton & Company.


À propos de l’auteure

Rachel Durant — Thérapeute psychocorporelle, Le Plessis-Robinson (92350)

Rachel Durant accompagne les personnes en épuisement nerveux, en trauma ou en quête de reconnexion à elles-mêmes, à travers des approches psychocorporelles somatiques : somatothérapie (méthode Camilli®), EMDR et yoga somatique. Elle propose des séances individuelles en cabinet au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) et en téléconsultation.



Mon accompagnement ne se substitue pas à un suivi médical. Il le complète dans une approche holistique et respectueuse de la personne.

 
 

Rachel DURANT, 

Thérapeute psychocorporel Somatique :

Somatothérapie, EMDR, Yoga somatique

Cabinet Paramédical Le Robinson Horizon

13 rue du Carreau

92350 Le Plessis-Robinson

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