Croyances limitantes : pourquoi votre corps en sait plus que votre mental
- Rachel Durant

- 7 févr. 2024
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 5 jours
Stress chronique, relations qui se répètent, manque de confiance persistant — parfois, comprendre ne suffit pas. Cet article explore pourquoi les croyances limitantes s’inscrivent dans le corps autant que dans le mental, et comment la thérapie psychocorporelle peut aider à les transformer en profondeur.

Vous avez beau comprendre d’où vient votre manque de confiance, votre tendance à vous effacer ou vos relations qui se répètent — quelque chose résiste. Quelque chose en vous ne change pas.
Ce quelque chose, c’est souvent une croyance limitante. Pas une pensée consciente que vous pourriez simplement décider d’effacer — mais une conviction profonde, inscrite dans votre corps depuis l’enfance, qui continue de colorier silencieusement vos décisions, vos relations et vos élans.
Comment les croyances limitantes se forment
Les croyances limitantes se forment dès l’enfance, lorsque des expériences difficiles amènent l’enfant à penser que certaines réactions de son entourage sont inévitables. Un enfant fréquemment réprimandé pour avoir exprimé sa colère peut finir par croire que ses émotions dérangent — ou qu’il ne vaut rien quand il ressent. Ces impressions se cristallisent en vérités intérieures non questionnées.
Ces vérités ne restent pas dans la tête. Comme le décrit Bessel van der Kolk dans ses recherches, le corps enregistre ce que le mental ne peut pas encore nommer. Elles s’inscrivent dans le corps sous forme de réponses automatiques — une tension dans la gorge quand on veut parler, une contraction dans la poitrine quand on veut s’affirmer. C’est pourquoi la seule compréhension intellectuelle ne suffit souvent pas à les déloger.
Le fonctionnement des croyances limitantes
Ces croyances agissent comme des filtres invisibles — elles teintent nos perceptions, nos décisions et nos relations. Leur but premier est de vous protéger d’une souffrance passée. Mais ce mécanisme de défense finit par vous enfermer : vous attirez les mêmes difficultés, les mêmes conflits, le même manque de confiance, encore et encore.
Trois chercheurs éclairent particulièrement ce mécanisme. Stephen Porges, avec sa théorie polyvagale, explique comment un système nerveux autonome en état d’alerte chronique ne peut pas se sentir en sécurité — condition pourtant indispensable à toute transformation. Allan Schore a montré comment les expériences relationnelles précoces façonnent le système nerveux droit — celui qui gère nos réponses émotionnelles automatiques — bien avant que la pensée consciente puisse les saisir.
Ce que nous appelons croyances limitantes s’inscrit précisément dans ces circuits. C’est pourquoi la thérapie psychocorporelle travaille avec le corps et le système nerveux et aller là où la parole seule ne suffit pas.
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Prendre la responsabilité de ses croyances
Reconnaître que nos croyances limitantes sont des parties de nous — mais des parties que nous pouvons choisir de transformer — est un acte puissant de liberté. Cela demande du courage : le courage d’accueillir ses blessures sans honte, de les regarder en face, et de se dire que désormais, il est possible d’aller au-delà.
Ce travail commence souvent par une question simple : où est-ce que je sens ça dans mon corps ? Cette tension dans les épaules, ce nœud dans le ventre — c’est souvent là que la croyance vit, bien avant d’avoir un nom.
J’ai accompagné des personnes qui, après avoir compris qu’elles avaient intériorisé la croyance « je ne suis pas digne d’amour », ont pu, avec patience et bienveillance, reconstruire une relation douce avec elles-mêmes et s'ouvrir progressivement à des relations plus saines et nourrissantes.
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Libérer l’emprise des croyances limitantes par le corps
La libération se fait souvent pas à pas. Il ne s’agit pas d’effacer brutalement ce qui a été utile, mais de doucement réécrire ces histoires intérieures — à travers la conscience et l’expérience du corps.
Peter Levine, créateur de la Somatic Experiencing, a montré comment le corps garde la trace des expériences traumatiques et comment on peut s'en libérer par le corps. En somatothérapie ou en EMDR, nous travaillons précisément là : nommer la croyance, explorer son origine, et surtout sentir comment elle vit dans le corps — là où elle s’est inscrite.
Lorsque le système nerveux retrouve un sentiment de sécurité, les anciennes protections peuvent enfin se relâcher. Un espace s’ouvre pour une nouvelle façon d’être, plus libre, plus authentique.
Accueillir la peur derrière la croyance
Derrière une croyance limitante se cache toujours une peur — la peur de souffrir, d’être rejeté, abandonné ou jugé. Au lieu de fuir cette peur, l’accueillir avec douceur est une étape de guérison importante. C’est dans ce regard bienveillant porté à soi-même que la peur peut doucement s’estomper.
Je vous propose d’observer cette peur comme un enfant qui cherche juste à être entendu. En séance, nous explorons ensemble ces parts fragiles qui appellent à la sécurité et à la confiance.
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La transformation ne se fait pas d’un coup. Mais chaque fois que vous posez un regard honnête sur ce qui vous freine — quelque chose se déplace doucement.
Pour aller plus loin, quelques questions à vous poser :
Quelle croyance vous freine le plus en ce moment — et est-ce que vous savez depuis quand elle est là ?
Est-ce que vous sentez où elle loge dans votre corps ?
Y a-t-il des situations qui la déclenchent systématiquement ?
Références
Levine, P. (1997). Waking the Tiger: Healing Trauma. North Atlantic Books.
Van der Kolk, B. (2014). Le corps n’oublie rien. Albin Michel.
Porges, S. (2011). The Polyvagal Theory. W. W. Norton & Company.
Schore, A. (2012). The Science of the Art of Psychotherapy. W. W. Norton & Company.
À propos de l’auteure
Rachel Durant — Thérapeute psychocorporelle, Le Plessis-Robinson (92350)
Rachel Durant accompagne les personnes en épuisement nerveux, en trauma ou en quête de reconnexion à elles-mêmes, à travers des approches psychocorporelles somatiques : somatothérapie (méthode Camilli®), EMDR et yoga somatique. Elle propose des séances individuelles en cabinet au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) et en téléconsultation.
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Mon accompagnement ne se substitue pas à un suivi médical. Il le complète dans une approche holistique et respectueuse de la personne.




