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Stress et système nerveux : ce que votre corps essaie de vous dire

Dernière mise à jour : il y a 5 jours

Le stress n’est pas un défaut de caractère, ni un manque de volonté. C’est une réponse biologique du système nerveux — une réponse intelligente, conçue pour vous protéger. Cet article explore comment le stress et le système nerveux fonctionnent ensemble, pourquoi certains restent bloqués dans un état d’alerte chronique, et comment le corps peut retrouver le chemin de la régulation.


Vous vous sentez épuisé sans raison apparente. Tendu en permanence. Incapable de vous détendre vraiment, même quand tout va bien. Ou au contraire, vous vous sentez vide, déconnecté, comme si votre corps avait baissé les bras.


Ce que vous vivez n’est pas dans votre tête. C’est dans votre système nerveux — et il essaie de vous dire quelque chose.


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Stress et système nerveux : une réponse biologique intelligente

Le stress est d’abord une réponse biologique du système nerveux autonome — un mécanisme de survie ancien, conçu pour vous préparer à faire face au danger. Face à une menace perçue, le système sympathique s’active : le rythme cardiaque s’accélère, la respiration se raccourcit, les muscles se tendent.


Le biologiste Robert Sapolsky a montré que cette réponse est remarquablement efficace — à condition qu’elle soit de courte durée. Un zèbre poursuivi par un lion active son système de stress, s’échappe, puis retourne à la normale. Son système nerveux se régule naturellement.


Le problème humain est différent : nous pouvons activer cette même réponse de stress face à une réunion difficile, un email anxiogène, une pensée répétitive — sans jamais courir, sans jamais nous battre, sans jamais décharger la tension accumulée.

Est-ce que vous reconnaissez dans votre corps les signes d’une activation permanente — tension musculaire, mâchoires serrées, respiration courte ?


Ce que le stress chronique fait au système nerveux

Bessel van der Kolk a montré comment le stress chronique reconfigure littéralement le système nerveux — en maintenant le corps dans un état d’hypervigilance permanent. Le cerveau continue de scanner l’environnement pour détecter des menaces, même quand il n’y en a plus.


Stephen Porges, avec sa théorie polyvagale, nous explique pourquoi : quand le système nerveux reste trop longtemps en état d’alerte, le circuit ventral vagal — celui qui gère la connexion, la sécurité et le calme — se met progressivement hors service. La personne peut alors basculer dans deux états extrêmes.


  • L’hyperactivation : hypervigilance, pensées en boucle, tensions chroniques, irritabilité, difficultés de sommeil.

  • L’hypoactivation : épuisement, vide émotionnel, déconnexion, sentiment d’être absent à soi-même.

Dans les deux cas, le stress et le système nerveux sont intimement liés — et c’est dans le corps que la transformation doit commencer.


Stress, système nerveux et mémoire corporelle

Le stress ne s’efface pas toujours quand la situation stressante prend fin. Peter Levine a montré comment le corps garde la mémoire corporelle des expériences stressantes — sous forme de tensions musculaires chroniques, de schémas respiratoires figés, de réponses automatiques qui se déclenchent bien après que le danger réel a disparu.


Cette mémoire corporelle du stress est précisément ce que nous travaillons en thérapie psychocorporelle et en EMDR — identifier où le stress vit dans le corps, et créer progressivement de nouvelles expériences de sécurité.

Y a-t-il des situations qui déclenchent chez vous une réponse de stress disproportionnée — et savez-vous depuis quand ?


Comment le système nerveux sort du stress : la voie du corps

Sapolsky a montré que les animaux qui vivent des situations de stress s’en libèrent par le mouvement — la fuite, le combat, le tremblement. Ce sont ces décharges physiques qui permettent au système nerveux de compléter le cycle du stress et de retrouver son équilibre. Chez les humains, ce cycle est souvent interrompu. Nous retenons, nous contrôlons, nous bloquons la réponse naturelle du corps.


Pour l’hyperactivation, quand le système sympathique est en surchauffe, l’objectif est de réactiver le frein ventral vagal. La respiration prolongée à l’expiration stimule directement le nerf vague et ralentit le rythme cardiaque. Le toucher thérapeutique envoie au système nerveux un signal de sécurité que les mots seuls ne peuvent pas transmettre. Le mouvement doux réintroduit de l’énergie sans déclencher de nouvelle surcharge.


Pour l’hypoactivation, quand le circuit dorsal domine et installe l’engourdissement, l’enjeu est de réveiller doucement la conscience sensorielle. Le travail d’incarnation — guider l’attention vers les sensations corporelles, pas à pas — permet de reconstruire le lien au corps. Le yoga somatique et la somatothérapie sont particulièrement adaptés à ce travail — ils guident progressivement l’attention vers les sensations corporelles, à un rythme que le système nerveux peut intégrer.


Quelle que soit l’approche choisie, la règle fondamentale reste la même : aller à un rythme que le corps peut tolérer. La transformation se construit dans la répétition d’expériences de sécurité, petites mais réelles.

Et vous — quand vous êtes stressé(e), est-ce que vous avez tendance à retenir, à contrôler, à bloquer la réponse de votre corps ?

Ou est-ce que vous avez trouvé des façons de laisser la tension se décharger naturellement ?


Comprendre que le stress est une réponse du système nerveux et non un défaut de caractère change fondamentalement la manière


dont on se regarde. Ce n’est pas parce que vous êtes trop sensible, trop fragile, ou pas assez fort. C’est parce que votre système nerveux a appris à répondre d’une certaine façon — et qu’il peut apprendre autrement.


Le stress n’est pas votre ennemi. C’est un messager. Et comme tout messager, il mérite d’être entendu — pas ignoré, pas combattu, mais accueilli avec curiosité. C’est souvent là, dans cet accueil, que la transformation commence.


Pour aller plus loin, quelques questions à vous poser :

  • Vous reconnaissez-vous plutôt dans un état d’hyperactivation — tension, hypervigilance, agitation — ou d’hypoactivation — épuisement, déconnexion, vide ?

  • Y a-t-il des situations qui déclenchent systématiquement une réponse de stress chez vous, même quand elles semblent anodines ?

  • Est-ce que vous avez déjà expérimenté un moment où votre système nerveux s’est vraiment déposé — et qu’est-ce qui l’a permis ?


Références

Porges, S. (2011). The Polyvagal Theory. W. W. Norton & Company.

Sapolsky, R. (2004). Why Zebras Don’t Get Ulcers. Holt Paperbacks.

Van der Kolk, B. (2014). Le corps n’oublie rien. Albin Michel.

Levine, P. (1997). Waking the Tiger: Healing Trauma. North Atlantic Books.


À propos de l’auteure

Rachel Durant — Thérapeute psychocorporelle, Le Plessis-Robinson (92350)

Rachel Durant accompagne les personnes en épuisement nerveux, en trauma ou en quête de reconnexion à elles-mêmes, à travers des approches psychocorporelles somatiques : somatothérapie (méthode Camilli®), EMDR et yoga somatique. Elle propose des séances individuelles en cabinet au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) et en téléconsultation.


Mon accompagnement ne se substitue pas à un suivi médical. Il le complète dans une approche holistique et respectueuse de la personne.

Rachel DURANT, 

Thérapeute psychocorporel Somatique :

Somatothérapie, EMDR, Yoga somatique

Cabinet Paramédical Le Robinson Horizon

13 rue du Carreau

92350 Le Plessis-Robinson

Code : 4569B, Int : cabiner Horizon, RDC, Droite

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