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Peur de l'engagement : ce que votre corps essaie de vous dire

Dernière mise à jour : il y a 3 jours

L’engagement est souvent perçu comme une contrainte. Pourtant, la difficulté à s’engager n’est pas un manque de maturité. C’est souvent une stratégie d’attachement que le système nerveux a développée pour se protéger. Cet article explore pourquoi s’engager fait peur, comment l’engagement véritable émerge quand le système nerveux se sent en sécurité, et comment retrouver un rapport libre et choisi à l’engagement.


Dans mon accompagnement en thérapie psychocorporelle, j’observe combien le rapport à l’engagement influence la qualité de nos relations. Certaines personnes s’engagent trop vite, sous l’effet de la peur de perdre l’autre. D’autres fuient tout engagement, comme si s’engager signifiait perdre sa liberté. Dans les deux cas, c’est souvent le système nerveux qui parle — pas le cœur.


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Peur de l’engagement : ce que l’attachement et la neuroception nous apprennent

La peur de l’engagement n’est pas irrationnelle. C’est une réponse du système nerveux autonome à quelque chose qui a déjà fait mal, une trahison, une perte, un lien qui s’est brisé sans prévenir.


Stephen Porges a montré que le système nerveux évalue en permanence l’environnement relationnel à la recherche de sécurité ou de danger — un processus qu’il appelle la neuroception. Pour les personnes dont l’histoire relationnelle a été marquée par des ruptures ou des liens imprévisibles, s’engager déclenche une réponse d’alarme, même lorsque la situation présente est objectivement sécurisante.


Mary Ainsworth a identifié comment les styles d’attachement façonnent notre rapport à l’engagement. L’attachement anxieux pousse à s’engager trop vite. L’attachement évitant pousse à fuir l’engagement. Ces deux stratégies opposées répondent au même besoin fondamental : se protéger d’une douleur déjà connue.


Est-ce que vous reconnaissez dans votre rapport à l’engagement une tendance à vous précipiter ou au contraire à reculer — et savez-vous ce que votre corps fait dans ces moments-là ?



Engagement par peur ou engagement par choix : une distinction essentielle

Il existe deux façons de s’engager — et elles n’ont pas le même goût dans le corps.


L’engagement par peur vient d’un système nerveux en état d’alerte. On s’engage pour ne pas perdre l’autre, pour ne pas se retrouver seul. Cet engagement crée des liens sous tension, des promesses difficiles à tenir.


L’engagement par choix vient d’un système nerveux régulé, ancré dans la fenêtre de tolérance que Dan Siegel a décrite. On s’engage parce qu’on le veut vraiment, depuis un endroit stable, avec une clarté sur ce qu’on apporte et ce qu’on reçoit.


Esther Perel a montré que la tension entre sécurité et désir est au cœur de l’engagement amoureux. Trouver cet équilibre nécessite une régulation du système nerveux suffisamment solide pour tolérer à la fois la proximité et la distance.


Est-ce que vous avez déjà distingué dans votre vie un engagement pris par peur — et un engagement pris par choix libre ? Qu’est-ce que votre corps vous disait dans chacun de ces moments ?



L’engagement comme expérience de sécurité

John Bowlby a introduit la notion de base sécure, cet ancrage intérieur à partir duquel on peut explorer le monde et les relations sans s’y perdre. Dans les relations saines, l’engagement crée cette base sécure, un espace de prévisibilité, de confiance, de fiabilité.


John Gottman a montré que ce qui distingue les couples qui durent n’est pas l’absence de conflits, c’est la qualité de la réparation après le conflit, et la solidité de la base sécure construite ensemble. L’engagement est une pratique quotidienne de petits gestes de connexion.


Sue Johnson a montré que les conflits de couple sont presque toujours des danses d’attachement, des cris du système nerveux qui cherche à savoir si l’autre sera là.


L’engagement véritable répond à cette question fondamentale : « Es-tu là pour moi ?»


Y a-t-il dans vos relations un sentiment de base sécure — la certitude que l’autre sera là, que vous pouvez être vulnérable sans risquer d’être abandonné ?



S’engager envers soi-même : la fondation de tout

Il n’est pas possible de s’engager sincèrement dans une relation si l’on n’a pas d’abord appris à s’engager envers soi-même. Cela commence par des gestes simples, reconnaître ses besoins, honorer ses émotions, se respecter dans ses rythmes.


Dan Siegel a montré que cette cohérence intérieure, ce qu’il appelle l’intégration, est la condition d’un rapport sain à l’engagement. Lorsqu'on ne sait pas clairement ce qu’on veut, ce qu’on ressent, ce dont on a besoin, l’engagement devient flou, inconstant, ou au contraire rigide.


Brené Brown a montré que s’engager envers soi-même requiert de la vulnérabilité, la capacité à se regarder en face, à reconnaître ses limites, à s’accorder de la bienveillance. Ce n’est pas de la faiblesse. C’est le fondement de tout engagement authentique.


Est-ce que vous vous sentez en accord avec vos engagements actuels — ou est-ce que certains d’entre eux ont été pris sous la pression des autres ou de la peur ?



L’engagement dans les relations : co-régulation et vulnérabilité

Dans les relations humaines, l’engagement se traduit par des actes concrets, être présent, tenir ses paroles, respecter les accords, oser dire quand on n’y arrive pas. Ce n’est pas la perfection qui crée la durabilité d’un lien. C’est la communication, et la capacité à réparer quand quelque chose se brise.


Porges a montré que la co-régulation, cette capacité des systèmes nerveux à se réguler mutuellement, est la base biologique de tout lien durable. S’engager, biologiquement, c’est accepter de laisser l’autre influencer son état intérieur. C’est un acte de confiance profonde.



J’ai accompagné des personnes qui avaient du mal à s’engager — pas parce qu’elles ne voulaient pas de lien, mais parce que leur système nerveux avait appris que le lien était dangereux. En somatothérapie et en EMDR, progressivement, en créant des expériences répétées de sécurité, quelque chose a changé. Elles ont pu commencer à s’engager depuis un endroit de choix libre.


Est-ce que vous vous sentez capable de dire à l’autre quand vous n’arrivez pas à tenir un engagement — ou est-ce que la peur de le décevoir vous empêche de parler ?



L’engagement n’est pas un enfermement. C’est une invitation à se connaître, à se faire confiance, à oser la proximité avec l’autre depuis un endroit de sécurité intérieure.


Quand le système nerveux se sent suffisamment en sécurité pour ne plus avoir besoin de fuir ni de s’accrocher, l’engagement devient ce qu’il devrait toujours être, un acte libre.


Pour aller plus loin, quelques questions à vous poser :

  • Est-ce que vous avez tendance à vous engager trop vite ou à reculer face à l’engagement — et savez-vous ce qui se passe dans votre corps quand vous êtes face à cette décision ?

  • Y a-t-il des engagements dans votre vie que vous avez pris par peur plutôt que par choix — et comment vous sentez-vous dans ces liens aujourd’hui ?

  • Est-ce que vous vous sentez libre de vous désengager quand un engagement ne vous correspond plus — ou est-ce que quelque chose vous en empêche ?


Références

Bowlby, J. (1969). Attachment and Loss, Vol. 1. Basic Books.

Ainsworth, M. (1978). Patterns of Attachment. Lawrence Erlbaum.

Porges, S. (2011). The Polyvagal Theory. W. W. Norton & Company.

Siegel, D. (2010). Mindsight. Bantam Books.

Gottman, J. (1999). The Seven Principles for Making Marriage Work. Crown Publishers.

Johnson, S. (2008). Hold Me Tight. Little, Brown and Company.

Perel, E. (2006). Mating in Captivity. HarperCollins.

Brown, B. (2010). The Gifts of Imperfection. Hazelden Publishing.


À propos de l’auteure

Rachel Durant — Thérapeute psychocorporelle, Le Plessis-Robinson (92350)


Rachel Durant accompagne les personnes en épuisement nerveux, en trauma ou en quête de reconnexion à elles-mêmes, à travers des approches psychocorporelles somatiques : somatothérapie (méthode Camilli®), EMDR et yoga somatique. Elle propose des séances individuelles en cabinet au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) et en téléconsultation.



Mon accompagnement ne se substitue pas à un suivi médical. Il le complète dans une approche holistique et respectueuse de la personne.

 
 

Rachel DURANT, 

Thérapeute psychocorporel Somatique :

Somatothérapie, EMDR, Yoga somatique

Cabinet Paramédical Le Robinson Horizon

13 rue du Carreau

92350 Le Plessis-Robinson

Code : 4569B, Int : cabiner Horizon, RDC, Droite

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