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Acceptation de soi et système nerveux : pourquoi accepter n’est pas se résigner

Dernière mise à jour : il y a 4 jours

Beaucoup d’entre nous pensent accepter la réalité — alors qu’en fait, nous la percevons simplement. L’acceptation véritable n’est pas une décision mentale. C’est un état corporel — un état dans lequel le système nerveux peut enfin laisser être ce qui est, sans résister, sans fuir, sans combattre. Cet article explore la différence entre percevoir et accepter, et comment la thérapie psychocorporelle travaille cet état de l’intérieur.


Vous vous êtes peut-être déjà dit : « J’accepte ma situation ». Et pourtant, quelque chose en vous résiste encore. Une tension sourde, une irritation diffuse, une voix intérieure qui murmure que les choses devraient être autrement.


Ce n’est pas un manque de volonté. C’est votre système nerveux — qui fait exactement ce pour quoi il a été conçu.


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La résistance à la réalité : ce que fait le système nerveux

La résistance n’est pas une faiblesse. C’est une réponse du système nerveux autonome à quelque chose qui ne correspond pas à ce qu’il attendait. Stephen Porges a montré que le système nerveux évalue en permanence l’environnement à la recherche de sécurité ou de danger. C'est ce qu'il appelle la neuroception. Lorsque la réalité est perçue comme menaçante comme une maladie, une perte, une situation douloureuse, le système nerveux s’active en mode défense.


On peut se répéter mentalement « j’accepte » et sentir en même temps la mâchoire serrée, les épaules contractées, la respiration retenue. C’est le système nerveux qui résiste, pas la volonté.


Steven Hayes, créateur de la thérapie ACT, a montré que cette résistance amplifie paradoxalement la souffrance. Plus on lutte contre une expérience douloureuse, plus on lui donne de l’emprise. L’acceptation n’est pas l’abandon, c’est le fait de cesser de se battre contre ce qui est.


Est-ce que vous reconnaissez dans votre corps les signes de la résistance — une tension, une contraction, une respiration qui se retient — quand vous êtes confronté à quelque chose que vous n’aimez pas ?



Acceptation et résignation : une distinction essentielle

L’acceptation est souvent confondue avec la résignation, comme si accepter signifiait capituler. C’est un malentendu profond.


Tara Brach a développé la notion d’acceptation radicale, cette capacité à accueillir pleinement ce qui est, sans jugement, sans résistance. Elle est claire sur ce point : l’acceptation radicale n’est pas la passivité. C’est le point de départ de toute action juste.


Peter Levine l’a montré du côté somatique, quand le système nerveux peut enfin accueillir une expérience sans la combattre, l’énergie mobilisée dans la résistance devient disponible pour agir, pour choisir, pour avancer. L’acceptation ne ferme pas les portes, elle les ouvre.


Y a-t-il une situation dans votre vie que vous dites accepter — et dont vous sentez, dans votre corps, que vous résistez encore ?



L’équanimité corporelle : ce que la neuroscience en dit

L’équanimité, cet état de calme stable face aux hauts et aux bas de la vie, n’est pas une attitude philosophique abstraite. C’est un état neurobiologique précis.


Dan Siegel a décrit cet état comme la fenêtre de tolérance, cet espace dans lequel le système nerveux peut fonctionner de façon optimale, ni en surchauffe ni en effondrement. Dans cet espace, on peut ressentir les émotions sans être submergé.


Jon Kabat-Zinn a montré que la pleine conscience élargit progressivement cette fenêtre de tolérance, pas en supprimant les émotions, mais en apprenant à les observer depuis un endroit stable. L’équanimité n’est pas l’absence de ressenti. C’est la capacité à rester présent à ce qu’on ressent sans en être emporté.


J’ai accompagné une personne qui vivait dans une agitation intérieure permanente — incapable de s’asseoir sans que son esprit parte en boucle. En travaillant sur la respiration et les sensations corporelles, petit à petit, de petits moments de calme ont commencé à apparaître. Ce n'était pas une absence d’émotions, mais une nouvelle capacité à les observer sans en être immédiatement submergée. C’est cela, l’équanimité corporelle.


Est-ce que vous pouvez distinguer dans votre vie des moments où vous êtes dans votre fenêtre de tolérance — stables, présents, capables de ressentir sans être submergés — et des moments où vous en sortez ?



Comment la thérapie psychocorporelle travaille l’acceptation

L’acceptation véritable ne se commande pas mentalement. Elle se construit — dans le corps, à travers des expériences répétées de présence bienveillante à ce qui est.


En somatothérapie, en EMDR ou en yoga somatique, nous travaillons précisément là — apprendre à porter l’attention sur ce qui se passe dans le corps, sans chercher immédiatement à le changer ou à le fuir. Progressivement, le système nerveux apprend que ressentir n’est pas dangereux. Que les émotions difficiles peuvent être traversées. Que la réalité, même quand elle est douloureuse, peut être habitée.



Accepter, ce n’est pas dire que tout va bien. C’est cesser de dépenser son énergie à combattre ce qui est pour la consacrer à ce qui peut changer.


Le système nerveux peut apprendre cela. Pas par la volonté. Par l’expérience — répétée, douce, progressive — d’un corps qui s’autorise enfin à laisser être.


Pour aller plus loin, quelques questions à vous poser :

  • Y a-t-il une réalité dans votre vie que vous dites accepter — et que votre corps résiste encore à accueillir ?

  • Quand vous êtes confronté à quelque chose de difficile, est-ce que vous cherchez à fuir, à combattre, ou à vous figer — et qu’est-ce que votre corps fait dans ces moments-là ?

  • Est-ce que vous avez déjà expérimenté un moment d’acceptation véritable — et comment votre corps se sentait-il dans cet instant ?


Références

Porges, S. (2011). The Polyvagal Theory. W. W. Norton & Company.

Hayes, S. (2005). Get Out of Your Mind and Into Your Life. New Harbinger Publications.

Brach, T. (2003). Radical Acceptance. Bantam Books.

Levine, P. (1997). Waking the Tiger: Healing Trauma. North Atlantic Books.

Siegel, D. (2010). Mindsight. Bantam Books.

Kabat-Zinn, J. (1994). Wherever You Go, There You Are. Hyperion.


À propos de l’auteure

Rachel Durant — Thérapeute psychocorporelle, Le Plessis-Robinson (92350)


Rachel Durant accompagne les personnes en épuisement nerveux, en trauma ou en quête de reconnexion à elles-mêmes, à travers des approches psychocorporelles somatiques : somatothérapie (méthode Camilli®), EMDR et yoga somatique. Elle propose des séances individuelles en cabinet au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) et en téléconsultation.



Mon accompagnement ne se substitue pas à un suivi médical. Il le complète dans une approche holistique et respectueuse de la personne.

 
 

Rachel DURANT, 

Thérapeute psychocorporel Somatique :

Somatothérapie, EMDR, Yoga somatique

Cabinet Paramédical Le Robinson Horizon

13 rue du Carreau

92350 Le Plessis-Robinson

Code : 4569B, Int : cabiner Horizon, RDC, Droite

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